Friday, February 22, 2008

Namasté

Namasté! Vous vous demandez sûrement ce que ça veut dire. En fait, Namasté est une salutation en hindi (une langue indienne). C’est l’équivalent de notre bonjour. Le Namasté est courant à Maurice. Depuis notre arrivée, nous avons remarqué que a population dominante du pays est indienne.

Je vais vous raconter l’histoire de l’arrivée des Indiens à Maurice. Selon une petite légende, pour attirer les Indiens sur l’île, les colons britanniques leur dirent qu’ils pourraient s’enrichir là-bas. Ils n’auraient qu’à soulever des roches et, en dessous, ils y trouveraient de l’argent. Les Indiens crurent à ce mensonge et beaucoup se déplacèrent alors vers ce nouveau pays. Une fois arrivés, ils réalisèrent que les Blancs leur avaient menti. N’ayant plus d’argent pour retourner en Inde, les Indiens s’installèrent alors ici.

En réalité, l’immigration indienne à Maurice est le résultat de l’abolition de l’esclavage. Comme ils n’avaient plus d’esclaves pour travailler dans les plantations de canne à sucre, les colons anglais se sont tournés vers l’Inde (colonie anglaise aussi au 19e siècle) pour y recruter des travailleurs. C’est ainsi qu’environ 200 000 laboureurs ont été engagés entre 1835 et 1865.

Aujourd’hui, la communauté d’origine indienne forme environ 70% de la population du pays. Bien entendu, il existe beaucoup de traces de la culture indienne ici. Par exemple, on retrouve beaucoup de marchands qui vendent plusieurs aliments indiens. Nous avons goûté aux dholl pourri, aux faratas et aux samousas. De plus, certaines femmes portent l’habit traditionnel indien, les saree.

Wednesday, February 20, 2008

Notre dernier jour de travail

La journée des au revoir s'annonçait bien triste. Nous sommes retournés voir tous nos élèves et le personnel des deux écoles pour leur dire nos adieux et surtout leur donner une dernière fois nos remerciements. Toutefois, nous nous attendions pas à recevoir autant de gratitude que nous donnions!

À James Toolsy, après avoir fait le tour des classes pour dire adieu aux jeunes, nous nous sommes réunis avec la direction, ainsi que les professeurs de la cinquième et de la sixième avec qui nous travaillons depuis un mois, pour prendre une petite collation, discuter et remercier tout le monde de leur collaboration et de leur appui. Ils nous ont surpris avec de magnifiques cadeaux: l'Île Maurice en verre soufflé, ainsi qu'un petit dodo pour l'accompagner. Nous les avons remercié mille fois, puis nous nous sommes dirigés vers Renascence.

À Renascence, alors que nous nous préparions à quitter la classe après notre discours d'adieu, une élève nous a offert une carte signée par chacuns de nos élèves de pré-voc, puis les élèves se sont levés un par un et sont venus à l'avant pour nous présenter avec un petit cadeau enveloppé ou une carte contenant des remerciements ou des photos. Nous en avions les larmes aux yeux! Nous étions émus. Ensuite, nous sommes descendus pour une petite réunion avec le personnel, accompagnée de thé et de gâteau, pour parler de notre expérience et de nos impressions et pour apprendre à les connaître un peu. À notre grande surprise, ils avaient eux aussi des cadeaux pour chacun de nous: des petits dodos luminescents, l'emblème de Maurice!

C'est infiniment touchant de voir que notre présence a été appréciée, et nous ne réalisons pas que c'est déjà fini. Les enfants vont vraiment nous manquer, et nous avons adoré faire partie d'une équipe d'enseignants si dévouée et appliquée.

Tuesday, February 19, 2008

Deux cent vingt-deux

Cet après-midi, après nos ateliers, nous sommes partis avec Mme Nathoo visiter plusieurs lieux de réunion et de prière hindous. Nous avons vu une gigantesque statue en cuivre représentant le plus grand dieu, Krishna, ainsi qu'un temple dédié à lui et à quelques autres dieux. Elle nous a raconté toutes sortes de légendes concernant les dieux hindous, chacune plus étonnante que la dernière.



Par exemple, la légende du dieu suprême Krishna dit qu'il a bu le poison représentant tous les maux et les mauvaises actions des humains, dans le but de les effacer et ainsi donner à la population une nouvelle chance à la pureté. Cependant, le poison était tellement chaud qu'il a brûlé sa gorge et il en est devenu bleu! C'est pourquoi, quand on prie pour lui, on verse pendant les chants des sceaux d'eau froide sur une statuette qui le représente, dans le but de calmer la chaleur et de lui montrer sa gratitude.

Après avoir visité le temple, qui était presque hypnotisant, nous avons gravé 222 marches - Yann et moi les avons comptées - jusqu'au sommet d'un colline où l'on peut voir, entre autres, une vue absolument splendide des environs.

Bref, nous avons beaucoup appris sur le hindouisme, qui est extrêmement présent à Maurice, et nous nous sommes également bien amusés avec le sens de l'humour tordant de Mme Nathoo!

P.S.: La mère d'un enfant est venu nous porter un poulet cuit ce matin! Nous qui pensions déjà avoir reçu tous les cadeaux possibles...

Cabane à Sucre

Hier soir, nous avons réorganisé notre atelier de Cabane à Sucre pour l'enrichir et y inclure de nouvelles idées que nous avions eues. Après tout, c'est notre dernier atelier avec les enfants! Nous voulons vraiment nous surpasser.

Nous avons donc préparé une présentation PowerPoint, et sorti des costumes, un CD de la Bottine Souriante et les drapeaux du Canada et du Québec pour notre deuxième journée. Le PowerPoint a énormément aidé pour l'explication de la cabane à sucre (essayez d'expliquer sans images que les Québécois font la fête en mangeant du liquide provenant d'un arbre) et ils ont bien rigolé quand on leur a fait jouer notre musique traditionnelle québécoise et avons tenté de leur montrer comment elle se dansait... Après la présentation, nous avons parlé rapidement de l'hymne nationale et avons écouté la leur (très bien chantée avec précision et fierté) avant de leur chanter la nôtre en tenant bien haut le drapeau canadien. Ils ont poliment applaudi, mais je doute toujours de mes habiletés de cantatrice! Finalement, ils se sont déguisés, lorsque le temps et la discipline le permettaient, en Amérindiens, en joueurs des Canadiens de Montréal, en jeunes filles de l'ancien temps et en chasseurs à chapeau de fourrure. Ils ont adoré, et certains sont vraiment entrés dans le rôle. Nous avons terminé notre atelier bien chargé avec la dégustation des crêpes et du sirop d'érable. Nous leur avons aussi offert des petites épinglettes de nos drapeaux.

Le tout a été un grand succès!

Monday, February 18, 2008

Rapidement

Dans les derniers jours, voici rapidement ce que nous avons fait:

Nous avons assisté à un mariage hindou samedi soir. Comme la tradition le porte, nous avons mangé avec nos mains sur une feuille de bananier (en plastique) des mets typiquement hindous, totalement végétariens, qui ne sont pas des plus simples à consommer sans ustensiles. C'était délicieux et nous avons été reçus comme des rois et reines; tout le monde voulait nous initier à la culture. La cérémonie - c'était en fait la veille du mariage - concernait uniquement la femme, qui est la fille d'une collègue de Nicole, et symbolisait la purification de la femme avant de l'offrir à son mari. Sur l'estrade, la femme était assise près du maître de la cérémonie avec sa mère et sa soeur sans souliers. On l'aspergeait de safran tout en récitant différentes prières et bénédictions.

Plus tard dans la soirée, nous sommes allés à un spectacle d'une école de danse mauricienne où la fille de nos hôtes a dansé pendant plusieurs années. Ça ressemblait beaucoup aux spectacles de danse donnés par le Collège avec le programme de Concentration Danse; il y avait près de 200 danseurs et danseuses de tous les âges et de tous les niveaux, mais le résultat final était une symbiose des talents et un partage de la vedette.

Dimanche, nous avons été invités par l'oncle de Yann à passer une journée à l'hôtel où il travaille, Shandrani. C'était... Wow. Évidemment, c'est une place très touristique. Tout est inclu dans la journée; on peut donc manger et relaxer à volonté. Je n'ai jamais vu une place pareille. Tout était parfait. L'hôtel était de toute beauté et étendu sur plusieurs kilomètres carrés, les différentes plages et piscines - parce qu'il y en avait plusieurs - comblaient les besoins des surfeurs autant que ceux des relaxeurs. De plus, le staff était extrêmement accueillant, approchable et souriant... Ça n'aurait pas pu être mieux placé et mieux apprécié!

En soirée, nous sommes allés dîner chez Mme Nathoo et avons bien ri avec son mari et elle. Nous avons parlé des réactions des jeunes de son école à nos ateliers et ce que nous planifions de faire pour le reste de la semaine. Par contre, nous avions tellement mangé et surmangé à Shandrani que c'était littéralement un effort surhumain d'en ingérer plus... Ah, ce qu'on ne ferait pas pour la politesse!

Aujourd'hui, nous nous sommes levés vers six heures pour préparer 80 crêpes pour nos premiers élèves de la semaine. Effectivement, nous faisons cette semaine une simulation de la cabane à sucre avec les élèves. Ils ont adoré! Le sirop d'érable fut un immense succès chez les jeunes. C'était difficile de dire nos adieux aux élèves, et ce sera encore plus difficile mercredi, notre dernier jour à l'école.

Le temps au Cybercafé est assez limité, alors je vous quitte sur cela et nous vous revenons avec d'autres informations dès qu'on le peut!

Saturday, February 16, 2008

Mangalkhan et Barkly

Une chance que nous avons profité du superbe soleil dans les premières semaines de notre séjour, car il pleut constamment depuis une dizaine de jours. Certains de nos plans en ont souffert, mais de bonnes improvisations en sont sorties. Par exemple, Valérie et moi avons eu la chance de faire un bon magasinage hier à cause de la pluie.

En effet, l'improvisation aura été notre talent le plus utile durant ce voyage! Nous sommes allés à Barkly et à un autre centre de la même branche à Mangalkhan, tout près de Curepipe. À Mangalkhan, il y avait un groupe d'une vingtaine d'élèves âgés de 10 à 12 ans. Nous avons fait un bricolage assez simple avec eux, optant de ne pas trop parler de nous et du Canada - après tout, ils viennent au centre pour s'amuser. Ils ont tellement apprécié que nous avons décidé de leur laisser le reste de notre matériel. À voir l'état du centre après l'ouragan de papiers, d'acétates, de plumes, de curepipes et de brillants, je crois qu'ils ont adoré! Sur le chemin du retour, nous avons même vu des sentiers de brillants laissés par les bricolages si bien décorés.

Le lendemain, Barkly fut une toute autre histoire. Nous nous attendions à recevoir un groupe du même âge qu'à Mangalkhan; nous avons donc été assez surpris d'ouvrir la porte sur un groupe d'une vingtaine d'élèves d'environ 5 à 7 ans! Nous avons dû rapidement changer de plan, car les activités que nous avions en tête seraient à peu près impossibles à expliquer à ces petits enfants. Nous nous sommes donc plongés, en moins de trois minutes, dans nos souvenirs d'enfance pour se rappeler les jeux que nous avions aimés. Duck, duck, goose (qui se transforma en Dug, Dug, Oush); Un Éléphant; le Meurtrier; le Chef d'Orchestre; Quelle heure est-il, Monsieur le Loup; Red light, Green light et, bien sûr, une bonne vieille partie de "Tag". Nous avons aussi fait un jeu de mime, où les enfants devaient copier nos mouvements, et nous avons mimé la construction d'un bonhomme de neige. Nous avons appris tous les noms très rapidement, car il serait difficile de les contrôler autrement. Toutefois, nous avons remarqué qu'ils étaient beaucoup plus attentifs, montraient beaucoup plus d'affection et étaient moins bornés et gênés que les plus vieux.

À la fin, nous ne voulions pas quitter, et les enfants non plus! Nous aurions aimé avoir plus de temps avec eux. Nous étions complètement exténués et tout sales, mais nous avons vraiment apprécié notre après-midi.

PS: Vendredi matin, nous avons enregistré notre entrevue avec MBC. Le tout s'est très bien déroulé, et nous avons eu la chance de bien expliquer les différents aspects de notre projet. Des caméraman viendront cette semaine à James Toolsy pour nous voir aller sur les lieux. L'entrevue passera à la télévision jeudi ou vendredi prochain, juste avant notre départ, et nous recevrons une cassette pour apporter à la maison!

Friday, February 15, 2008

Cirque du Soleil

Avant d'entrer dans les détails, nous aimerions commencer par remercier le Cirque du Soleil, grâce auquel nous avons eu la chance de vraiment captiver les élèves.

Nous avons commencé le cours par une courte présentation remplie d'image de différents spectacles. Les enfants ne se retenaient pas pour montrer leurs impressions avec des ''oh'' et des ''ah''. Le film sur KÀ en a aussi impressionné plusieurs. Je crois qu'ils ont apprécié de pouvoir voir ce qui arrive derrière la scène lors des spectacles.

Toutefois, le clou de l'atelier était bien sûr lorsqu'on les nommait pour qu'ils puissent aller dehors essayer les divers articles de cirque gracieusement donnés par le Cirque du Soleil. Les trois quilles à jongler ont été un grand succès, surtout losqu'on leur proposait de se mettre en équipe de trois et de lancer les quilles en rond. Plus il y a d'interaction, plus les enfants participent. Les bâtons du diable touchaient rarement le sol puisqu'ils passaient d'enfant en enfant, chacun plus anxieux que le dernier. Les balles pour jongler nous ont permis de voir que certains avaient déja acquis ce talent. Le diabolo, lui, était d'un niveau plus élevé et, même nous, nous démontrions de la difficulté à le maîtriser. Pourtant, une dizaine d'élèves nous ont grandement surpris.

Le geste généreux du Cirque du Soleil nous a permis encore une fois de faire sourire les élèves.

Nous avions pensé laisser les articles à l'école primaire James Toolsy, mais les élèves n'auraient pas le temps d'en profiter avec leur horaire chargé. Nous croyons qu'ils seront beaucoup plus utilisés et appréciés dans un des ''Centre for learning''. Alors, vendredi, nous les avons offerts au Centre Barkly et ils ont beaucoup apprécié. Les jeunes pourront venir quand ils le veulent et jouer.

Encore une fois, merci au Cirque du Soleil de notre part et, surtout, de la part des jeunes!

Racines 2

La semaine dernière, Blanche vous a parlé de la fête du printemps, une fête traditionnelle chinoise. À la messe, elle était entourée de gens aux yeux bridés comme moi. Laissez moi maintenant vous parlez de mes racines chinoises.

L’Île Maurice est un pays multiethnique. Il y a environ 35 000 habitants d’origine chinoise ici. Ceux-ci forme environ 3% de la population. Ces immigrants viennent du Sud de l aChine. Mes parents m’ont toujours raconté que, pour fuir des conditions de vie trop dures, mon grand-père maternel et mon grand-père paternel ont pris le bateau, ont débarqué sur l’île et se sont établis ici.

Comme la plupart des habitants chinois, ils sont devenus des commerçants et ont ouvert des boutiques d’alimentation dans un village. Ils ont beaucoup travaillé pour permettre à leurs enfants d’avoir une bonne instruction. Aujourd’hui, même si beaucoup de commerces appartiennent encore aux Mauriciens d’origine chinoise, beaucoup de descendants de ces immigrants exercent d’autres métiers.

Ce voyage est très particulier parce que je suis ici pour notre projet, mais c’est aussi une occasion pour moi de retrouver les membres de ma famille.

Tuesday, February 12, 2008

Troisième atelier et nouveaux développements

Rendus à la moitié de notre projet et aux trois quarts de notre séjour, nous tâchons d’absorber le plus d’information et de culture possible lors de nos sorties et pendant notre temps aux écoles. Aujourd’hui, nous avons donné à deux classes notre troisième atelier. Ne sachant pas trop comment s’y prendre – nous avions plusieurs activités différentes à faire faire, mais elles ne se complémentaient pas – nous avons essayé différentes approches avec chaque classe. Il s’agissait de l’atelier portant sur le Cirque du Soleil, qui représente une fierté québécoise et qui nous a appuyés pour Mauritius 2008. Ils nous ont apporté, quelques jours avant notre départ, un sac rempli d’articles de cirque intéressants, comme des quilles et des balles à jongler, un diabolo, des bâtons du diable et des nez de clown, ainsi qu’une présentation PowerPoint et de la documentation pour nous faciliter la tâche.

Parmi les activités que nous avions planifiées se trouvaient la présentation d’un film sur le Cirque, la création de masques de cirque avec les jeunes, et des jeux intéressants de synchronisation. De plus, nous tenions à les faire essayer les articles que le Cirque du Soleil nous avaient offert tout en gardant l’ordre et le calme; mettre les quarante élèves ensemble avec les quatre jouets serait donc risqué!

Avec la première classe, nous avons essayé le film suivi du bricolage des masques et, entre-temps, nous faisions sortir quatre élèves à la fois pour essayer les jouets. Ça a bien fonctionné, mais la discipline de cette classe particulière est généralement un peu plus difficile, donc les résultats étaient plus ou moins comme espéré.

Nous avons donc essayé les jeux de synchronisation pour notre deuxième groupe. Il s’agissait de copier le rythme que je faisais en tapant dans les mains et sur les cuisses ou en frappant le sol avec les pieds. Les rythmes se compliquaient graduellement, et on en est arrivé à un point où le silence était total et les langues étaient sorties pour maximiser la concentration. Ils étaient extrêmement persévérants. C’était parfait pour leur trop-plein d’énergie de fin de journée. En outre, j’ai pu faire des lien plus rapprochés avec certains garçons, notamment le petit Dominique qui, comme moi, joue de la musique. Pour cette même raison, il a très hâte à notre dernier atelier, celui de Musique et Cabane à sucre.

Nous commençons à mentalement nous préparer à faire nos adieux à tous ces adorables monstres et monstresses qui nous ont apporté tellement d’attention et de bonheur. Ça nous brise le cœur d’y penser!

Mise à part l’école, nous avons eu des développements bien intéressants à notre projet. La semaine passée, nous avons rencontré Jean-Noël Adolphe, le directeur de l’École Complémentaire, qui offre aux jeunes de la région défavorisée de Barkly, d’environ mille habitants, de l’éducation plus individuelle avec les élèves en difficulté et un centre où la communauté peut se réunir et créer un climat d’entraide, de partage et de confiance. En effet, ce centre est très nécessaire : en 2000, dans les écoles de la région de Barkly, 7 élèves sur 10 échouaient leurs études primaires.

L’école complémentaire travaille presque individuellement avec chaque élève, soit trois enseignants pour une classe de 8 à 12 élèves, de façon à ce qu’aucun jeune ne soit mis de côté. De plus, au lieu de seulement s’axer sur les mathématiques et les langues, elle travaille les sept intelligences pour inclure les côtés artistique, musical, sportif et social des élèves pour leur ouvrir toutes les portes possibles.

Quand nous avons proposé de faire des ateliers d’arts avec les élèves, les enseignants disaient que c’était exactement ce qu’il leur fallait; malgré toutes leurs idées, ils manquent parfois de ressources, notamment les matériels pour bricoler, donc ce sera très spécial pour eux.

Cette partie du projet nous a ouvert la porte sur un organisme qui est extrêmement persévérant, passionné et inspirant. Nous avons très hâte de rencontrer les jeunes de la cité Barkly.

PS : M. Madhoo, directeur du Collège Renaissance, a arrangé une entrevue pour nous… à la télévision! Nous passerons à Breakfast News, sur MBC (Mauritius Broadcasting Corporation) ce vendredi pour expliquer ce que nous sommes venus faire ici. C’est trop excitant! Nous allons pouvoir partager notre projet avec beaucoup plus de personnes que prévu!

Monday, February 11, 2008

Joyeuse Fête du Printemps!

Avec nos troubles d'Internet, cet article est un peu en retard; il date de vendredi passé.

Nous avons eu l’honneur de participer à une grande célébration traditionnelle chinoise, la Fête du Printemps, aussi appelée le nouvel an chinois. Les festivités ont commencé hier soir : sur une table bien décorée de rouge et d’or, nous avons dégusté des mets typiquement chinois avec nos baguettes rouges. Manger avec des baguettes s’avérait parfois problématique (surtout lorsqu’on tient compte que le mets le plus commun chez les Chinois est le riz), mais le repas était délectable et nous en avons appris beaucoup sur la fête en soi.

Le « lion chinois », que l’on nomme Nian, est la grande mascotte colorée et portée par deux personnes que l’on voit parfois à la télévision. La légende dit que Nian était un animal féroce qui descendait de ses montagnes la veille du nouvel an pour trouver de la nourriture. Il mangeait les animaux domestiques et même les humains. Pendant longtemps, tous les paysans fuyaient devant lui, jusqu’au jour où l’on découvrit qu’il était terrorisé par le rouge, le feu et le bruit. Pour l’empêcher de venir, les villageois peignaient leurs portes en rouge, allumaient du feu devant et faisaient du bruit en tapant sur des objets. Les visites que l’on se faisait le lendemain avaient pour but de se féliciter d’avoir empêché le Nian de venir.

Aujourd’hui, cette tradition a évolué en ce que l’on a fait hier soir : on utilise beaucoup de rouge pour les décorations, la nappe et les baguettes ; on fait éclater un maximum de pétards après le décompte du nouvel an, et on visite famille et amis le jour du nouvel an. D’autres traditions incluent l’interdiction de faire le ménage et la distribution d’enveloppes rouges contenant de l’argent pour les enfants. Pas trop dure, la fête!

Maurice est le seul pays qui, même avec un communauté si petite de Chinois (moins de 10% de la population totale), a « ferriérisé » la Fête du Printemps, ce qui montre le grand respect qu’elle a pour les différentes ethnies qui s’y retrouvent.

Les pétards qui annoncent le nouvel an s’achètent en paquets de 5000, et on en a entendu de proche et de loin après minuit la nuit passée. Nous-mêmes, nous en avons fait éclater. Nous pouvons vous assurer que ça dépasse bien la limite des tympans! Vous pouvez donc comprendre pourquoi les chiens, dont l’ouïe capte ces sons sept fois plus fort que les humains, se promenaient en tremblant avec la queue entre les jambes.

Ce matin, nous nous sommes réveillés relativement tôt pour la messe du nouvel an. La messe était toute particulière : les yeux étaient presque tous bridés (à part ceux de Valérie et les miens), les chants se faisaient en mandarin et la célébration se termina avec une danse du lion chinois accompagné de tambour. Nian et les percussionnistes sortirent dans la rue, suivie d’une bonne partie des gens de la messe, pour se rendre à l’hôtel de ville, où de longs pétards nous attendaient pour rajouter encore plus d’effet.

A la messe, nous avons croisé plusieurs élèves de James Toolsy avec qui nous avons travaillé. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que ça nous arrive; la quasi-totalité des huit cents élèves et des enseignants de l’école primaire restent à Curepipe, et la ville est relativement petite. Jusqu’à présent, nous avons croisé une dizaine d’élèves (dont le petit Nahim qui vient régulièrement nous visiter à notre domicile pour nous parler et jouer avec nous) et même quelques enseignants dans la rue, au supermarché ou à la messe.

Ce soir, nous avons été extrêmement gâtés : Nicole nous a emmenés voir un spectacle pour la fête du Printemps donné par le Yunnan Art Group et le China Cultural Centre, deux troupes de danse chinoises reconnues autant en Chine que dans le monde entier. C’était fantastique! Les costumes colorés étaient de toute beauté, les différentes danses montraient une panoplie de facettes de la culture chinoise, et certaines d’entre elles étaient particulièrement impressionnantes avec leurs acrobaties précisément synchronisées et d’un niveau de difficulté extrêmement élevé. Le spectacle évoquait les bonnes relations entre Maurice et la Chine. Le tout était très élégant et bien présenté.

Saturday, February 9, 2008

Casela et Tamarin

Nous passons cette fin de semaine avec Annick, la cousine de Yann, et Jason. Annick et Jason viennent tout juste de se marier et sont des êtres extrêmement plaisants et agréables.

Nous sommes allés au zoo Casela hier. C'était super beau et nous avons vu toutes sortes d'animaux que nous ne connaissions pas ou que nous n'avions jamais vus. Nous sommes même entrés sans payer, car Jason avait des contacts au zoo! Sans les cages, on se serait vraiment sentis dans la jungle! Bien que, si j'étais prise dans une jungle avec des kangourous, des tigres, des perroquets, des paons, des tortues géantes, des singes et des macaques, je n'y resterais pas très longtemps. Yann s'est fait éternuer dessus par un cochon et Valérie est montée sur le dos d'une tortue géante. La température était parfaite pour une journée au zoo, et nous avons pris de très belles photos et vidéos.



Après Casela, nous sommes allés à Tamarin, une plage magnifique, pour se baigner sous le coucher du soleil et manger un peu. C'était très agréable et joli!

Nous avons dormi chez la grand-mère de Yann, et aujourd'hui nous irons magasiner et visiter Port Louis et Rose Hill avec Annick et Jason.

P.S.: À la maison, nous avons eu quelques problèmes avec Internet, et nous n'aurons désormais que dix heures par mois d'Internet, soit 4 minutes par jour chaque, alors le blog sera peut-être un peu plus lent qu'avant. Mais continuez quand même de nous suivre!

Monday, February 4, 2008

La noix de coco

Depuis notre arrivée, Ah Yee nous parle des vertus de la noix de coco. En effet, la noix de coco est un des fruits les plus versatiles qui existe; avec sa coquille, sa chair et l'eau qui s'y retrouve, on peut fabriquer et cuisiner une panoplie de trucs.

Commençons par le domaine du comestible. Mis à part les produits évidents comme l'eau de coco, la chair visqueuse et le coconut séché et râpé (ce dernier étant la forme à laquelle la plupart des Canadiens sont le plus habitués), il existe toutes sortes de pâtisseries, de jus, d'alcools et de mets contenant de la noix de coco. Par exemple, nous avons mangé des pains, des pâtisseries, des gâteaux, des tartes, du chutney (condiment pour le riz) et de l'huile, tous faits de noix de coco.

Ensuite, avec l'huile et le beurre de coco, on fabrique des parfums, des crèmes, des onguents, toutes sortes de produits de beauté et même des médicaments contre les maux de tête.

Finalement, avec l'écorce, on peut fabriquer de la corde extrêmement solide qu'on utilise ici comme corde à linge; avec les "veines" des feuilles, on fabrique des balais très efficaces et de toute beauté; de plus, quand la coquille elle-même est coupée horizontalement, les fibres rigides servent comme brosse pour le plancher. C'est d'ailleurs ce que nous avons fait ce soir: avec nos muscles de mollets, nous avons ciré le plancher de bois franc avec des moitiés de noix de coco!

Il faut vraiment l'essayer pour comprendre.
Bonne nuit!

PS: Sans oublier les fameux parfums de Coco Chanel...

Multi-tasking


Yann donnant le premier atelier

Entre nos ateliers, on nous demande parfois d'aider de différentes façons au sein de l'école. Les midis, nous jouons avec les enfants dans la cour d'école. Deux à trois heures par jour sont consacrées à s'installer, donner nos ateliers et ranger. Une trentaine de minutes nous sont allouées pour dîner. Le reste du temps, cependant, est parfois libre. Vendredi, Mme Nathoo a eu l'idée de nous engager pour la matinée comme remplaçants pour deux enseignants absents. Sans trop nous donner d'indications sur le déroulement habituel des cours et la discipline, on nous a envoyé dans une classe de sixième année (avant de nous chiper Valérie pour l'envoyer surveiller une classe de troisième année) pour faire des mathématiques, du français et de l'anglais. Une chance que nous sommes anglophones! Et surtout, une chance qu'il y a toujours, dans chaque classe, n'importe où que l'on soit dans le monde, au moins un chouchou du prof. Sans nos deux élèves modèles assis "front row center", nous aurions été complètement pris au dépourvu.

Et maintenant, avant le Nouvel An Chinois, je file faire le ménage de notre chambre et du deuxième étage. Nous devons retirer les poussières du vieil an pour éviter que le malheur nous suive dans la nouvelle année!

Saturday, February 2, 2008

Des racines créoles

Après deux jours de cyclone, nous avons bénéficié d' un autre jour de congé vendredi dernier mais, cette fois, c’était pour une fête importante pour l’Île Maurice. Il s’agit de la célébration de l’abolition de l’esclavage. On fête cette année le 173e anniversaire de son abolition.
Lors de cette journée, partout dans le pays, il y a des spectacles et des discours. On remarque que ce sont surtout les Créoles qui y assistent. Ce n'est pas étonnant que cette partie de la population se sente concernée. Les Créoles sont des descendants d’esclaves d'Afrique et de Madagascar venus labourer la terre pour les colons français. C’est grâce à eux que les colonisateurs blancs ont pu développer l’industrie sucrière à Maurice.

Le métissage des Blancs et des Noirs a donné la race créole. Ce qui m'amène à mes racines créoles.

Je suis métissé moi aussi. J''ai un peu de sang créole. Avez-vous remarqué mes grosses babines? Probablement attribuables à des racines créoles datant de plusieurs générations. Mon arrière-grand-mère (la mère de la mère de ma mère) était une Créole. J’ai peut-être même des ancêtres esclaves!

Alors, cette fête de vendredi m'a fait réfléchir sur mes origines.

Après ce vendredi férié, place aux visites. Samedi après-midi, nous sommes partis à Trou aux Biches, une ville qui se trouve dans le Nord-ouest de l’île. Lorsque nous sommes arrivés, j’ai remarqué que la peau des gens de cette ville était plus pâle que celle à laquelle je me suis habitué dans le Sud. C'est un endroit touristique qui accueille beaucoup de touristes blancs. Il pleuvait encore un peu à cause des derniers restes du cyclone, mais dès qu’il a cessé de pleuvoir, je suis allé à la mer avec Ah Yee pour observer la vie aquatique.