Avec nos troubles d'Internet, cet article est un peu en retard; il date de vendredi passé.
Nous avons eu l’honneur de participer à une grande célébration traditionnelle chinoise, la Fête du Printemps, aussi appelée le nouvel an chinois. Les festivités ont commencé hier soir : sur une table bien décorée de rouge et d’or, nous avons dégusté des mets typiquement chinois avec nos baguettes rouges. Manger avec des baguettes s’avérait parfois problématique (surtout lorsqu’on tient compte que le mets le plus commun chez les Chinois est le riz), mais le repas était délectable et nous en avons appris beaucoup sur la fête en soi.
Le « lion chinois », que l’on nomme Nian, est la grande mascotte colorée et portée par deux personnes que l’on voit parfois à la télévision. La légende dit que Nian était un animal féroce qui descendait de ses montagnes la veille du nouvel an pour trouver de la nourriture. Il mangeait les animaux domestiques et même les humains. Pendant longtemps, tous les paysans fuyaient devant lui, jusqu’au jour où l’on découvrit qu’il était terrorisé par le rouge, le feu et le bruit. Pour l’empêcher de venir, les villageois peignaient leurs portes en rouge, allumaient du feu devant et faisaient du bruit en tapant sur des objets. Les visites que l’on se faisait le lendemain avaient pour but de se féliciter d’avoir empêché le Nian de venir.
Aujourd’hui, cette tradition a évolué en ce que l’on a fait hier soir : on utilise beaucoup de rouge pour les décorations, la nappe et les baguettes ; on fait éclater un maximum de pétards après le décompte du nouvel an, et on visite famille et amis le jour du nouvel an. D’autres traditions incluent l’interdiction de faire le ménage et la distribution d’enveloppes rouges contenant de l’argent pour les enfants. Pas trop dure, la fête!
Maurice est le seul pays qui, même avec un communauté si petite de Chinois (moins de 10% de la population totale), a « ferriérisé » la Fête du Printemps, ce qui montre le grand respect qu’elle a pour les différentes ethnies qui s’y retrouvent.
Les pétards qui annoncent le nouvel an s’achètent en paquets de 5000, et on en a entendu de proche et de loin après minuit la nuit passée. Nous-mêmes, nous en avons fait éclater. Nous pouvons vous assurer que ça dépasse bien la limite des tympans! Vous pouvez donc comprendre pourquoi les chiens, dont l’ouïe capte ces sons sept fois plus fort que les humains, se promenaient en tremblant avec la queue entre les jambes.
Ce matin, nous nous sommes réveillés relativement tôt pour la messe du nouvel an. La messe était toute particulière : les yeux étaient presque tous bridés (à part ceux de Valérie et les miens), les chants se faisaient en mandarin et la célébration se termina avec une danse du lion chinois accompagné de tambour. Nian et les percussionnistes sortirent dans la rue, suivie d’une bonne partie des gens de la messe, pour se rendre à l’hôtel de ville, où de longs pétards nous attendaient pour rajouter encore plus d’effet.
A la messe, nous avons croisé plusieurs élèves de James Toolsy avec qui nous avons travaillé. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que ça nous arrive; la quasi-totalité des huit cents élèves et des enseignants de l’école primaire restent à Curepipe, et la ville est relativement petite. Jusqu’à présent, nous avons croisé une dizaine d’élèves (dont le petit Nahim qui vient régulièrement nous visiter à notre domicile pour nous parler et jouer avec nous) et même quelques enseignants dans la rue, au supermarché ou à la messe.
Ce soir, nous avons été extrêmement gâtés : Nicole nous a emmenés voir un spectacle pour la fête du Printemps donné par le Yunnan Art Group et le China Cultural Centre, deux troupes de danse chinoises reconnues autant en Chine que dans le monde entier. C’était fantastique! Les costumes colorés étaient de toute beauté, les différentes danses montraient une panoplie de facettes de la culture chinoise, et certaines d’entre elles étaient particulièrement impressionnantes avec leurs acrobaties précisément synchronisées et d’un niveau de difficulté extrêmement élevé. Le spectacle évoquait les bonnes relations entre Maurice et la Chine. Le tout était très élégant et bien présenté.
Monday, February 11, 2008
Subscribe to:
Post Comments (Atom)
0 comments:
Post a Comment