Wednesday, January 30, 2008

Température, école et magasinage

Ce matin, nous avons ouvert les rideaux pour retrouver un soleil chaud qui perçait la brume. Je suis descendue en clamant de joie, mais c'était un peu précoce: Ah Yee nous a averti que le cyclone s'était rendu jusqu'à la troisième classe ce matin! C'était un peu mélangeant. Cependant, plus tard dans la matinée, la météo nous a informé que toutes les alertes avaient été soulevées. Bye bye cyclone! Nous pourrons donc reprendre les plans que nous avions établis pour la fin de semaine.

L'inquiétude du cyclone passée, revenons aux nouvelles habituelles. Nous avons rencontré M. Madhoo, directeur du Collège Renaissance où nous donnerons nos ateliers à deux classes. J'aimerais prendre cette occasion pour vous expliquer la mentalité du système éducatif mauricien. Tout est axé sur le point de vue académique; même au primaire, les élèves n'ont ni éducation physique, ni cours d'art ou de musique. En effet, c'est une des raisons pour lesquelles nos ateliers ont été si efficaces à l'école primaire. Cependant, il y a quelques élèves qui se retrouvent incapables d'atteindre le niveau requis - pour certaines écoles secondaires, on demande des A+ dans quatre matiéres ou plus - pour entrer au collège. De plus, les professions "essentielles" comme la médecine et l'enseignement sont très encouragées, au détriment des métiers de profil artistique comme la photographie et la musique. Les élèves plus faibles se retrouvent donc coincés et à bout d'options. Dans certains collèges, on offre alors à ces élèves un programme, dit prévocationnel, dans lequel on retrouve ceux qui ont échoué leur sixième année à une ou plusieurs reprises. Ce sont ces élèves qui ont assisté à notre ateliers hier matin.

Leur façon de réagir à ce qu'on leur expliquait était toute différente pour plusieurs raisons. Premièrement, l'excitation de groupe que nous voyions à l'école primaire n'était pas là, car on nous avait pas présenté d'avance. Deuxièmement, les élèves de Renaissance ayant tous au moins 13 ans, nous ne représentons pas des "grands" pour eux, mais des pairs. Troisièmement, les groupes de Renaissance avec lesquels nous travaillons font preuve de moins de leadership que ceux de James Toolsy. Ceci s'explique par la taille beaucoup plus petite (moins d'une quinzaine d'élèves par groupe), l'âge adolescent et, évidemment, le programme dont ils font partie.

Tout ceci ne veut pas dire que nous avons eu une réaction négative. Au contraire, je crois que nous apportons vraiment quelque chose qui peut leur être utile; ils ne voient pas encore qu'il y a plus d'un chemin dans une carrière et qu'ils ne sont pas condamnés. Le seul accrochage se trouvait dans le manque de leadership: quand nous posions des questions, il était assez difficile d'obtenir une réponse. Serait-ce par gêne, par désintérêt ou tout simplement parce qu'ils ne connaissaient pas la réponse? Nous n'aurons qu'à voir dans les prochaines semaines.

Après notre rencontre avec le directeur de Renaissance, nous avons fait un tour dans le centre-ville de Curepipe. Nous avons pu tester nos techniques de négociation et croyez-moi, c'est beaucoup plus difficile que ça ne le semble quand tu es touriste, ne parles pas la langue et, par-dessus tout, es un vrai débutant! Nous avons réussi quelques fois à descendre les prix de quelques rupees, mais il nous fallait l'aide de Nicole pour les vraies négociations. Elle m'a permis d'économiser 500 rupees (elle l'a baissé d'environ 65 dollars canadiens à 30 dollars canadiens!) sur un Sari (habillement typique indien) que j'ai acheté.

Pour les courageux qui se sont rendus jusqu'au bout de cette publication, je vous permet de me limiter la prochaine fois!

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